Delphine Hachez Échevine à Jemeppe-sur-Sambre
en charge des affaires sociales, de la santé, du logement, de la culture et de la citoyenneté

18

février 2016

Prendre ses responsabilités

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J’annonce ma décision de quitter la coalition MR-cdH-ECOLO-SEL de Jemeppe-sur-Sambre.

Il y a longtemps que la majorité sortante est malade. Mon groupe, ESPRI, a régulièrement tiré la sonnette d’alarme pour tenter de susciter une prise de conscience des dérives que nous connaissions.

À l’issue des élections communales de 2012, nous scellions un accord politique cohérent et ambitieux basé sur la notion de transversalité.

Au-delà de ce projet politique fort, seul un état d’esprit empreint de dialogue et de respect mutuel pouvait nous garantir la réussite de ce ménage à quatre. A la lettre et l’esprit de ces accords se sont substituées satisfaction des ambitions personnelles, explosion de la dynamique collective et violation des règles que nous nous étions fixées.

Je ne puis ici m’empêcher de penser à Claude Brouir, éphémère directeur de cabinet politique qui, le premier, a payé de sa personne le rappel à l’observation scrupuleuse de ce qui nous liait et la dénonciation des dérives naissantes… en juin 2013 déjà.

Depuis, plus personne ne fut garant du respect de la parole donnée. Les entorses à notre programme et à notre charte éthique se sont succédé.

La transversalité n’existe plus guère que pour empiéter sur les matières d’autrui.

Les projets « dérangeants » sont indéfiniment retardés, voire carrément sabotés. Certaines données sensibles sont volontairement soustraites au Collège pour avoir les mains libres. Le silence des éventuels contestataires est alors acheté à coups de budgets alloués à leurs projets.

Quand il m’arrivait d’insister sur nos accords ou de rappeler les règles éthiques et légales, on me ramenait alors de manière peu amène à ma condition féminine…

Il était dès lors devenu impossible de prendre des positions fortes et cohérentes dans la poursuite de l’intérêt collectif. Bien souvent d’ailleurs, les émotions – et non la raison – guidaient la prise de décision.

Il faut dénoncer les pratiques individuelles en contravention flagrante avec les principes de la charte éthique et les responsabilités d’un mandataire public.

Le cumul des mandats et des fonctions, pourtant parfaitement balisé, a échappé au contrôle collectif; la disponibilité de chacun pour ses matières n’était dès lors plus assurée.
Il est regrettable qu’après plus de trois années d’exercice des responsabilités, tous les membres du Collège n’aient pas fait preuve de l’implication nécessaire et n’aient pas assimilé les concepts de base de la gestion des affaires communales.

La dénonciation par mon groupe, à l’été 2014, du détournement de matériel communal à des fins privées par un membre du Collège n’a pas été suivie de réaction.

Au plan idéologique, la dynamique a progressivement été remplacée par un alignement sur les positions du parti dominant de la majorité.

Le consensus fort de décembre 2012 a dérivé vers un projet de plus en plus à droite, en désaccord avec les valeurs que j’ai toujours défendues. Certains dossiers présents dans l’accord de majorité ont ainsi été mis au placard (logements de transit, accès aux logements publics…), tandis que d’autres, non prévus dans nos accords, ont été imposés (ainsi notamment le Partenariat Local de Prévention).

Alors qu’ESPRI tentait d’attirer l’attention de ses partenaires de majorité sur l’impact certain sur les finances du CPAS de l’exclusion des chômeurs, il a été ignoré, voire raillé.

À l’opposé d’une gestion en bon père de famille, la majorité a multiplié les décisions irresponsables et les mauvaises pratiques qui ont abouti au dérapage des finances communales.

Je fais référence, par exemple, à l’achat déraisonnable de la maison Noël (rue Neuve) sans affectation réellement définie.

Je déplore la rénovation sans discernement et sans réflexion à moyen ou long termes des églises de la commune. Les lieux de cultes méritaient mieux.

La convocation de commissions communales sans objet réel, pour garantir l’octroi régulier de jetons de présence, constitue également un exemple flagrant de gaspillage d’argent public.

J’ai dénoncé à maintes reprises l’opacité de la gestion du CPAS, en vain.

J’ai néanmoins continué à travailler pour faire aboutir des projets dans les matières qui m’étaient dévolues. Le plan de cohésion sociale a été fortement redynamisé et de nombreuses nouvelles initiatives ont été développées: formation en alphabétisation et formations d’insertion socioprofessionnelle, espace public numérique mobile, mise en place du relais santé Basse-Sambre et d’un jardin partagé, notamment.

En matière de logement et d’énergie, des subsides ont été décrochés pour réaliser des travaux économiseurs d’énergie de certains bâtiments communaux et pour le recrutement d’un éco-passeur, qui depuis a créé un véritable guichet du logement et de l’énergie au sein de l’administration communale. Une subvention a été octroyée à Jemeppe-sur-Sambre pour la création de six logements de transit. Des permanences « info-logement » et une prime pour les propriétaires faisant appel à l’Agence Immobilière Sociale ont été mises en place.

Les petits commerces n’ont pas été oubliés: des rencontres ont permis de renouer le dialogue entre les commerçants locaux et des actions (concours, tombolas…) sont mises en place de manière régulière pour redynamiser le commerce local.

D’autres projets sont en cours de réalisation et devraient voir le jour dans les prochains mois: deuxième taxi social, création de logements moyens dans la Grange de Spy, rénovation de plaines de jeux dans les villages…

Si je décide aujourd’hui d’affronter la peur des représailles – le dernier ciment de l’ancienne majorité – et de former une nouvelle coalition avec la liste du Mayeur, c’est avec la garantie d’enfin travailler dans un cadre respectueux et cohérent.

Je serai à cet égard particulièrement attentive aux balises que j’ai posées, notamment le respect scrupuleux de la charte éthique et l’engagement de poursuivre la modernisation de l’administration communale.

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