Delphine Hachez Échevine à Jemeppe-sur-Sambre
en charge des affaires sociales, de la santé, du logement, de la culture et de la citoyenneté

4

novembre 2014

De l’intérêt collectif

Le blog de Delphine Hachez - De l'intérêt collectifL’exercice de mon mandat me fournit chaque jour des opportunités de réfléchir au sens de mon action. Et c’est heureux, car cela m’aide à rester fidèle aux idées et aux principes qui ont convaincu des citoyens de m’accorder leur confiance.

Ainsi, cette dame séparée avec deux enfants sollicitant mon soutien dans l’attribution d’un logement social. Son récit me touche et nous discutons quelques minutes. Je sais les difficultés de nombre de nos concitoyens à se loger décemment et à des conditions accessibles. Je vérifie rapidement l’exactitude de ses démarches et complète sa recherche de quelques recommandations. Cela me désole, mais il s’agit là de la seule réponse que je puisse apporter dans ce cas précis.

Je m’explique. En tant qu’élus, nous sommes tenus au respect de règles fondamentales fondant notre éthique politique; l’interdiction d’intervention dans les dossiers individuels introduits auprès des sociétés d’habitation sociale en est une. Ces règles sont coulées dans un texte fondateur de notre majorité politique communale signée par chacun de nos mandataires: la charte éthique.

Cette déclaration commence par ces mots:

« L’objectif du Code d’éthique et de déontologie est de fournir un ensemble de règles devant, au quotidien, servir de guide du respect et de l’application des six valeurs reprises ci-après et non d’apporter la solution à des cas individuels ou particuliers: le service au citoyens et l’intérêt général, la transparence, l’intégrité, l’impartialité, la responsabilité et le professionnalisme. »

Nous y lisons ensuite:

« Les mandataires et les fonctionnaires sont avant tout au service des citoyens dans le respect de l’intérêt général. Ils sont disponibles et traitent leurs demandes légitimes dans les meilleurs délais en effectuant un travail de qualité. […] Ils ne promettent pas plus qu’ils ne peuvent raisonnablement tenir. »

Plus précisément encore:

« Ils s’abstiennent d’intervenir de manière partisane en faveur d’un intérêt particulier dans les dossiers individuels introduits à l’administration, à la police ou tous autres organismes tels intercommunales, sociétés d’habitations sociales, CPAS… Ils traitent les dossiers dont ils ont la responsabilité avec diligence, efficacité, discrétion et objectivité en dehors de tout favoritisme. Dès lors, les mandataires orientent les personnes vers les services compétents et ne donnent pas non plus l’impression que leur intervention est à la base de l’évolution favorable d’un dossier. »

Là réside la clé de résolution d’une terrible incompréhension de la chose politique, renforcée par des années, des décennies de mauvaises pratiques. Nous, élus, avons le devoir de travailler dans le strict respect de deux principes essentiels:

  1. L’intérêt général prime sur les intérêts particuliers.
  2. L’intérêt général n’est pas l’addition des intérêts particuliers.

Dans la situation évoquée ci-dessus, je ne suis pas intervenue pour cette dame parce que cela m’est – salutairement – interdit et que je ne désire pas avoir d’obligés tout en me donnant bonne conscience à peu de frais. Et d’ailleurs, par quel pouvoir discrétionnaire aiderais-je cette personne plutôt qu’une autre?

Que pouvons-nous donc faire en tant qu’échevins?
Dans l’optique d’apporter aux Jemeppoises et les Jemeppois le meilleur service possible, nous avons entrepris un profond renforcement de l’administration: écopasseur (conseiller en logement et énergie), chef des matières personnalisables, chef de projet PCS, conseiller en environnement, etc.
Dans les matières dont j’ai la charge, citons les projets de construction de logements publics, la création d’une aire de jeux, l’organisation de la journée des personnes extraordinaires, les futures formations en informatique pour les demandeurs d’emploi…

Je rencontre des dizaines de personnes dans ma vie de tous les jours, au supermarché, dans les événements communaux, dans la rue, sur les brocantes, dans les cités. J’ai constamment à l’esprit les dizaines de milliers de chômeurs qui seront privés de leur allocation au 1er janvier 2015 et leurs enfants, la crise du logement, les difficultés énergétiques, le coût des soins de santé… Certes, mon champ d’action est limité mais c’est à l’amélioration du sort commun que je désire consacrer mon temps et mon énergie. De manière transparente, intègre, impartiale, responsable et professionnelle.

À lire sur le même sujet: « Du particulier à l’intérêt de tous » par François Schreuer, conseiller communal VEGA à Liège

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